Il fallait que ça arrive un jour
C'est hier que cette citation a vraiment prit tout son sens pour moi: Qu'il est dur de haïr ceux qu'on voudrait aimer. -Voltaire
Samedi 17h, toujours pas de nouvelles du "papa" à mon fils. Là, j'crois qu'il y a malentendu, et je dois véréfier avec le principal intéressé car mon fils à hâte de voir son père. Je demande à mon fils s'il veut parler à son papa. Je m'assure de n'avoir qu'à signaler le numéro et que Tristan demande à parler à son père. Non mais, quel courage, non? Shame on me !
Je signale. J'entends mon fils dire "allo", puis il me tend l'appareil. Il me dit que c'est une madame. Je repousse le combiné et lui chuchote de demander papa. Je le vois sourire et il me dit: "C'est K !!!!!!!" K, c'est "elle", c'est mon ex meilleure amie. Il lui parle un peu, et demande à parler à sa promise, Maude. Ils rigolent tous les deux, c'est cute. Maude lui dit que F, le papa de Tristan, n'est pas là. Tristan me le répète. "Il est loin loin maman, parti en avion !" Ouais, bon, il semble qu'il partait pour plus d'une semaine ! Le mystère est résolu ! "Il revient vendredi prochain maman." Ça l'air que je n'aurai même pas une toute petite nuit pour moi dans ce qui aura été mes "vacances".
Voilà que Tristan me demande pour aller chez papa. Je lui dit que son papa n'est pas là. Il éclate en sanglot, me dit qu'il veut y aller. Je lui demande s'il veut vraiment y aller, même si papa n'est pas là. S'il ne va pas pleurer pour revenir? Oui, il veut y aller qu'il dit, K va venir le chercher, non, il ne pleurera pas ! Bon ! J'approche l'oreille du combiné, il parle maintenant à K, elle lui demande si sa maman veut, il dit oui, mais elle, elle ne sait pas si je veux vraiment. Je n'ai d'autre choix que de lui parler.
Moi: -Allo ?
K: -Oui... (Elle ne s'attendait pas à ce que je lui parle.)
Moi: -Tu veux venir le chercher ?
K: Oui, si tu veux.
Moi: Ben...si ça ne te dérange pas, parce qu'il veut y aller là.
K: Ok, on va y aller. A-t-il souper?
Moi: Non.
K: Ok, il soupera avec nous.
Moi: Tu le gardes à coucher?
K: Oui, je le remènerai demain.
Moi: Ok, j'espère qu'il ne pleurera pas pour revenir...
K: Ben, j'ai pas de misère avec Tristan.
Moi: Ok...
K: Ben, on s'en vient.
Moi: Ok...bye.
K: Bye.
Me voilà qui éclate en sanglots, de gros sanglots incontrôlabes ! Tristan qui me regarde tout étonné. Désolée mon bébé, ça sort tout seul ! "-Maman, qu'est-ce qu'il y a??" "-..." "-Maman, tu pleures?" "-...oui mon amour" "-Tu t'es fait mal maman?" "-Non, ça va, bébé" Tu ne comprendrais pas que le bobo, il est dans mon coeur. Que le bobo, il fait mal depuis si longtemps. Ça fait 3 ans que je ne lui ai plus parlé, 3 ans que je n'ai pas entendu sa voix. Tout un choc, un gros choc émotif.
Le père à Tristan a téléphoné 5 minutes après ce téléphone, sûrement pour s'assurer que j'étais vraiment d'accord pour laisser partir le petit. Oui, j'ai confiance en elle, je la connais bien, c'est une bonne fille. Je lui dit qu'il devait venir prendre le petit, qu'il m'avait dit qu'il le prendrait à son week end. Il dit que non, il ne m'a pas dit ça. Bon, j'suis certaine que oui, mais il ne sert à rien de m'obstiner.
On prépre les choses à Tristan, moi, j'essaie tant bien que mal de me préparer à lui faire face. Je pleure, j'essaie de cacher mes larmes. Je surveille par la fenêtre son arrivée. Je ne veux pas qu'elle ait le temps de sonner, elle serait beaucoup trop proche de moi quand j'ouvrirais la porte. Elle arrive, on se dépêche de descendre. Elle est sur le trottoire, une distance acceptable. Maude sort de l'auto, Tristan saute de joie. Ils caressent un chat qui se trouve là, dehors. C'est long, ça me semble une éternité avant qu'ils partent. Elle me dit: "-Demain, 19h?" Incapable de lui répondre, je fais signe que oui.
Ils partent. Je referme la porte et...j'éclate à nouveau en sanglots. Je suis pliée en deux dans l'entrée. Toute recroquevillée, je pleure tout mon saoul. Jusqu'à ce que je sois appaisée...un peu.
Je réfléchis. Dans tous mes rêves des trois dernières années, qui sont très, trop nombreux, je la frappe. Oui, dans tous ces rêves, je la frappe de toutes mes forces au visage ! Je la déteste, je veux qu'elle ait mal, très mal. Dans ces rêves, elle essaie de me parler, de me prendre dans ses bras. Mais je la repousse toujours, je lui coupe la parole en criant, et je la frappe. Je sais très bien que je ne suis pas violente, qu'en vrai, je ne ferais jamais ça. Mais dans mes rêves, ça me fait un bien fou.
Voilà que dans la réalité, en face de moi pour la première fois depuis les évènements, je n'ai pas envie de la frapper. Je la regarde, et j'ai envie...qu'elle me prenne dans ses bras???!!!!!! Oui, j'ai envie qu'elle me prenne dans ses bras, comme elle l'a si souvent fait autrefois pour chasser mes peines, ma douleur. Comme moi je l'ai si souvent fait pour elle. Étrange. Je ne sais pas ce qui se passe en moi. Mais quelque chose est entrain de s'opérer, c'est clair.
J'ai parler à ma soeur tantôt, je me suis mise à pleurer encore en lui racontant tout ça. Elle a pleuré avec moi. Elle sait bien tout ce que cette amitié représentait pour moi. Elle crois que je devrais lui parler tantôt. Lui dire ce que j'ai ressenti en la voyant. Moi aussi je crois que je devrais le faire. Peut-être même lui dire que je lui pardonne? Ouffffffffff ! Je ne sais pas si je suis rendu à cette étape. Mais j'aimerais qu'elle sache qu'elle me manque toujours. Que je pense souvent à elle, à nous, à notre amitié qui devait durer toute notre vie. "Ton amie pour la vie." C'est avec cette belle petite phrase toute simple que l'on terminait les lettres qu'on s'écrivait lorsque nous étions adolescentes, et même à l'âge adulte.
Cette amitié ne reviendra jamais, je le sais. C'est impossible pour moi, j'ai beaucoup trop souffert. Tellement souffert ! Cette amitié est terminée à jamais. Mais je sens que de lui parler me ferais du bien. Pourquoi, je ne le sais pas. J'imagine que le temps me le fera comprendre.
Qu'il est dur de haïr ceux qu'on voudrait aimer...


4 Comments:
C'est un très grand pas Jo.
On savait bien, toi comme moi que ça devait arriver un jour ou l'autre. Par la force des choses, mais aussi pour la paix. Celle de ton âme, celle de ton coeur. Je suis contente que ça se produise maintenant alors que tout est tellement en évolution dans ta vie.
Tu me fais penser à une chenille dans sa chrysalide, en train de se faire toute splendide. Bientôt, le papillon magnifique ouvrira ses ailes et prendra son envol. Fier, superbe et libéré de toutes ses anciennes entraves. Volant magnifiquement dans la nouvelle vie, atteignant des lieux que jamais il n'avait pu explorer avant.
J'ai envie de te dire "Libère toi, et pardonne", mais je sais combien il peut être pénible d'envisager le pardon, lorsqu'on a tant souffert. On a l'impression, en quelque part, de trahir notre souffrance.
Mais pourrait-elle te faire plus mal qu'elle ne l'a fait? Si tu arrives à pardonner, rien plus ne pourra jamais vous éloigner. Et qu'est ce qui vaut le plus entre cette amitié à soigner d'une blessure profonde et le mûr que tu t'es bâtis pour arrêter les larmes?
J'ai envie de te dire "Pardonne et libère toi", mais je ne le dirai pas. Parce que le pardon demande un courage que je ne sais pas si moi même je trouverais.
Vous avez un blog très agréable et je l'aime, je vais placer un lien de retour à lui dans un de mon blogs qui égale votre contenu. Il peut prendre quelques jours mais je ferai besure pour poster un nouveau commentaire avec le lien arrière.
Merci pour est un bon blogger.
Ça y'est...Le papillon est sortit de sa chrysalide et j'ai eu la chance de l'acceuillir dans mon monde.Et je fut tout aussi bien acceuilli dans le siens.
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